Humours et handicaps

Posté le 23 octobre 2013

« L’humour au service du lien social et de la relation éducative »… tel était le sujet que j’avais choisi d’aborder pour mon écrit professionnel validant mon CAFME en 2008… oui, le CAFME, je sais, ce diplôme qui n’est plus et qui a donné naissance au DEME… bref… c’était sa dernière année et c’était mon sujet de « note dactylographiée ».

Ok ok, c’est beau tout ça mais dans la pratique ça donne quoi mon machin ? Etudiante en école du travail social, j’ai passé le plus clair de ma deuxième année de formation à investir et explorer ma fonction au sein d’un Institut d’Education Motrice… j’ai adoré… j’ai trouvé des mômes à l’humour décapant, qui avaient un regard clairvoyant sur leur condition humaine et plus précisément sur leurs diverses pathologies.

Dès mon arrivée, ils m’ont mis au parfum en me faisant arbitrer un match de ping- pong. Fauteuil Manuel Vs Station debout tenue, la partie était serrée… d’un revers maladroit, le jeune au fauteuil renvoie la balle mais son ami perd l’équilibre en voulant rattraper la balle et tombe à la renverse, submergé par le rire de se trouver à terre…. Quand, soudain, il m’interpelle : « hey, viens m’aider, je suis cap ! »… Cap ??? oui !!! Cap ou pas cap ??… quelle belle idée d’inverser le principe de ce jeu d’enfants : cap sous -entendant : handicapé.

Cette entrée en matière m’a réservé de bonnes surprises. J’ai retrouvé dans cet institut, l’univers du clown, qui sait jouer de nos différences. Et de là, est venue cette conscience de l’importance de l’humour comme outil de médiation quotidien dans ma relation aux personnes

que j’accompagne.

Humours et handicaps enfant-clown

5 ans après… qu’en est-il ?

Moins de formel très certainement… je ne propose pas d’atelier « clown » hebdomadaire dans la structure où j’exerce depuis un peu plus d’un an… je ne fais pas le clown, je clown la relation, ce qui est différent. Je ne formalise plus mes actions en chaussant mon nez, mais le nez rouge, bien qu’invisible, est là quasiment tous les jours. Il s’adapte.

Parfois, mon clown est un vanneur :

Nicolas : « hey, j’ai mal au pied ! »

Moi, on ne peut plus sérieusement : « hum.. je vois… j’ai une solution imparable … »

Nicolas : « ah oui ? c’est quoi ? « 

Moi : « marche sur les mains »

Nicolas : « rhooo »…

mais ce clown vanneur doit être bon infirmier car jamais il n’entend un « plaignant » revenir…

D’autre fois, mon clown Buffotise… surtout avec les personnes atteintes d’autisme…. Buffotise je vous dis.. vous ne connaissez pas ? comment ça ? diantre fichtre mais pourtant… c’est un des fondamentaux… je vous conseille d’aller zyeuter un de ses spectacles : le clown Buffo… Aaaaah mais là, je vois certains intellectuels commencer à me parler d’un air condescendant « Howard Butten tu veux dire ? « 

Oui bah si tu veux mais Howard Butten, c’est l’auteur, le psychiatre.. c’est le sérieux… Buffo, c’est le clown… et c’est… merveilleux. Avec Marc, c’est magique. Marc ne parle pas. Il onomatope (ne vous en faites pas, vous vous ferez au fur et à mesure à mon vocabulaire personnel)… donc Marc onomatope… et soupire comme un train qui lâche la vapeur… mais en face à face, en buffotisant… tout devient possible. Marc se pose, se pause, s’apaise. Marc ne fuit pas. Il reste et regarde. Droit dans les yeux. Et il sourit, avec la bouche, avec les yeux et avec son cœur… tout est beau et le lien est là.

D’autres fois, mon clown joue avec les mots… et trouve de la répartie… comme ce résident qui me dit que pour aller en Hollande, il faut traverser Mitterrand, Chirac et Sarkozy… et parfois, mon clown joue le ridicule pour désamorcer le pire… mais pour cela… on déclenchera l’alarme incendie dans un autre billet…. ;)

Socialement vôtre,

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