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Archive pour la catégorie « Les ptits bijoux »

tetelefou lui !

Tout d’abord mea culpa pour cette longue absence… Qui m’ a été nécessaire : un grand besoin de souffler avec cette fin d’année un peu chahutée, difficile, rock’n roll, merdique, enfin je crois que vous voyez l’idée !  J’y reviendrai dans un autre post mais bon, pour la reprise, commençons par un ptit moment sympa, juste une petite réaction spontanée comme on les aime !

Hier, je devais accompagner Anne Cécile chez son orthophoniste. Elle a une séance hebdomadaire, sait parfaitement s’y rendre seule mais est en revanche dans incapacité d’avoir l’initiative de sonner seule a l’interphone pour entrer… donc, un encadrant doit toujours l’accompagner. Anne Cécile me guide parfaitement sur le trajet de l’aller. Au retour, pour tester sa capacité d’adaptation, je lui suggère un autre chemin, sur la fin du parcours, ce qu’elle a accepté sans aucune difficulté.

En arrivant a proximité du foyer, on croise des ouvriers affaires a des travaux de voiries. Parmi eux, un jeune visiblement fier de sa musculature et sensible, il est vrai, à la chaleur qui revenait arrivait un peu après cet été pourri. Bref, ce jeune homme qui semblait « souffrir » de la chaleur, n’avait pour tenue que sa tunique orange obligatoire (qui jurait un peu avec son jean et ses chaussures de sécurité), à même la peau. Là, Anne Cécile s’esclaffe en me disant :

« Oh tetelefou lui ! »

- Pourquoi tu me dis qu’il est fou ? il n’a rien fait ! Il travaille !

- Ah oui…mais tetelefou. Il est tout nu ! tetelefou lui !

Merci Anne Cécile pour ce petit moment :)



Gendarmerie Nationale bonjour, que puis-je pour vous ?

Vendredi, 16h 08, Annette arrive remontée :

- hey ! Mouloud il m’a piqué mon cd dans ma chambre !

- Pourquoi tu me dis ça ? (sachant que le Mouloud en question était déjà parti du foyer…)

- Ben parce que je le trouve plus dans ma chambre !

- ok mais c’est pas forcément Mouloud qui te l’a volé. Alors on va faire une chose Annette, tu vas retourner dans ta chambre bien chercher, et pendant ce temps là, je vais aux toilettes. Après on revoit ça.

Un quart d’heure plus tard, Annette revient :

- il me l’a volé j’te dis. J’ai vérifié tous mes cd, il n’y est plus mon cd de Zaz.

- ta chambre, tu l’avais fermée à clé ?

- ben non..

- ça c’est pas sérieux. Comment tu peux certifier que c’est lui ?

- Ben il est déjà rentré dans ma chambre sans me demander !

Devant la gravité de la situation, (vous le concédez hein ?) et compte tenu de ma fatigue extrême et mon mal de tête, il m’apparait urgent d’improviser, de rebondir, de prendre Annette en contre pieds, pour ne pas me fusiller ma soirée et surtout celle de mes collègues qui doivent rester jusqu’à 21h30.  Là je la regarde et lui désigne une chaise en face du bureau. D’un air solennel je lui dis :

- je vous en prie mademoiselle asseyez vous.

Annette me regarde, perplexe et  s’assoit.

- quel est votre problème mademoiselle ?

- Ben Mouloud il m’a piqué mon CD de Zaz.

- Je vois, vous venez faire une déclaration de perte ou de vol c’est bien cela ?

Annette me regarde, sans broncher, d’un air interrogateur. Je lui dis : ben moi quand je perds ou qu’on me vole un truc, je vais à la Gendarmerie faire une déclaration et remplir un procès verbal.. tu veux le faire ?

- ah bah oui !

- Bon alors très bien, nous allons procéder à la rédaction du procès verbal.

Désignation de la victime, identité. Je lui demande alors son nom, son prénom, son état civil, qu’elle devra compléter par la suite. Amusée, j’observe Annette qui a tout à coup arrêté de se montrer vindicative et qui semble même un peu impressionnée.

- venons en aux faits maintenant… expliquez moi les circonstances de la perte.. que faisiez vous, quand ? pourquoi ?

Annette fait donc état de son récit de fin d’après-midi et de sa découverte. Elle dit qu’elle soupçonne Mouloud et justifie pourquoi elle le soupçonne plus qu’un autre.

- Bon, on a tous les éléments mademoiselle. Souhaitez vous ajouter quelque chose ?

- Ben oui, j’y tiens à ce Cd parce que c’était ma ptite maman qui me l’avait offert.

- D’accord, j’entends, je note.

Fait à … le … lu et approuvé. J’imprime.

Pendant 10 bonnes minutes, j’aide Annette à cocher la case « mademoiselle » (même si elle n’existe plus dans l’administration française)… l’aide à écrire son prénom, son nom et à signer.

Maintenant, je vais vous envoyer voir ma chef, Mme X, à qui vous devrait donner procès verbal. Vous pouvez disposez, je téléphone pour lui annoncer votre venue.

Dans la soirée, au moment de partir, ma chef de service me dit, amusée : Annette est venue m’apporter son procès verbal… avec un large sourire. ça a l’air d’être passé comme une lettre à la poste !

Certes, il n’empêche que si j’ai sauvé la mise à mes collègues pour la soirée, je vais pas en rester là et vais faire en sorte que quelqu’un voit Mouloud dès lundi !

 



Dessiner… c’est gagné !

Moment en salle commune avant les activités de l’après-midi. Ronaldo me regarde d’un air moqueur et prend le feutre velleda d’un air de dire : tu vas voir le portrait que je vais te faire…

Mais Ronaldo… il ose pas toujours se moquer de son éducatrice… alors finalement il dessine une forme bizarre et me dit fier de lui : « là c’est l’Indre et Loire, ton département…  » je le regarde en souriant et le félicite. Il regarde Adeline à côté de lui (pour une fois, elle est présente et bien avec nous… profitons en !!!) et se lance, comme soudain pris d’un élan artistique certain à dessiner d’autres formes en commentant :

- alors ensuite on trouve le Loire et Cher, L’Eure, Les Yvelines et les Hauts-de-Seine…

il continue cette fois en se situant en dessous de la première forme :

- et là on a la Vienne, les Deux Sèvres, la Charente Maritime

Ensuite il me regarde du coin de l’œil, sourit et continue en traçant un trait partant de la commune du foyer :

- Du foyer, on passe par Versailles, Vendomes, Tours, Poitiers, Niort et on arrive à Royan…

Fier de lui, il pose le feutre. Je lui souris et lui dis : sans fautes !

Adeline le regarde (elle ne l’a pas lâché des yeux), admirative et lâche échapper : Wouaaaaa l’intello !!!

Socialement vôtre,

 



Tout était dit…

Retour au boulot après 4 jours de repos post transfert… retour au quotidien… un ptit truc en plus.
Un ptit truc en plus… j’ai bien cherché ce que c’était… ben c’est pas explicable ! nous vla bien !  comment expliquer l’inexplicable ?

Un sourire. ça commence par un sourire, puis 2, puis 3. ça continue par des échanges de regards, complices.  Puis vient le moment de passer à table.

« Lavez vous les mains, installez-vous ! »

Je vais dans la cuisine et en revenant, c’est moi qui souris en voyant qu’il y a une table « transfert », unis par une complicité remarquable. Ils sont là, se regardent, rient, liés par le souvenir d’une semaine de vacances.

L’après-midi passe à vitesse grand V, à diffuser le film du séjour et à préparer l’album photo. L’ambiance est bonne enfant, les taquineries reprennent bon train, ici quelqu’un se moque de mon rhume, là une autre personne rigole d’observer Christophe, à nouveau déconnecté, marmonner dans sa moustache… mais ils sourient tous et semblent heureux. Et ça c’est formidable !

C’est beau notre métier non ?

Parfois, les soucis d’équipe, de fonctionnement (ou de dysfonctionnement) prennent le dessus et nous rendent aigri, blasé… remettant en question la raison de notre orientation. Qu’est ce que je fous là ? Qu’est ce que je pourrai faire d’autre ? A quoi bon ? Ces moments là ont le mérite de remettre les couleurs à notre quotidien et de remettre les pendules à l’heure. On est là pour eux, pour les accompagner dans le chemin de l’épanouissement et du bien être et peu importe les obstacles rencontrés… c’est pour ces sourires là que j’ai choisi de faire ce métier… c’est auprès d’eux que je me sens à ma place…. qu’on se le dise…  j’aime mon métier…

Socialement vôtre,

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Les gens du nord…

Il y a des moments, des gens, qui vous font dire : voilà. C’est pour ça que je fais ce métier… ce métier qui est un des plus beaux du monde….

Notre semaine de séjour dans le nord s’est achevé vendredi et restera dans ma mémoire comme un des plus beaux que j’ai fait dans ma petite carrière.  Les résidents ont juste été formidables, rayonnants. Ils se sont révélés : ceux qui parlaient peu se sont mis à le faire, celui qui ne tient pas en place, rythmé par ses onomatopées, était calme, serein, bien dans le groupe et souriant, ne faisait aucun bruitage compulsif, celui qui est déconnecté était au contraire bien là et pouvait tenir une conversation ou comprendre nos consignes, celui qui est un tantinet psychorigide a su lâcher prise. Il y a eu une complicité, une connivence dans ce groupe là qui était belle à voir.

J’ai aimé notre trio également qui a bien tourné, qui s’est bien complété sans obligation de mises au point. C’était confortable et appréciable !

Ce séjour, ça a été le ptit truc qui me fallait… ça m’a redonné foi en mon métier, aux projets que je propose et ça m’a surtout convaincu de continuer à défendre les valeurs que je porte. Cet environnement rural, l’ouverture sur les autres… ça les porte définitivement !

En attendant de vous raconter avec humour des petits moments volés ici ou là, une petite perle du comique du séjour qui, en partant à Chimay nous a dit :

« on va à Chimay et pas à Badi parce que sinon on viendrait pas du nord mais du sud ! »

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Les gens du nord... dans Les ptits bijoux s1180001-300x168

 

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C’est cro beauuuu !

Alors que je surfouillais (oui du verbe surfouiller, verbe glissant bien connu du premier groupe) à la recherche de court métrage et d’idées d’adaptation, je suis tombée sur ce petit bijou…. à savourer…

 

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Sacré Annette !

Aujourd’hui, tranche de vie.

Un groupe d’adultes est assis autour de la table de la salle « Charlie Chek Point », comme tous les matins avant l’heure des activités diverses et variées…

Ici, un résident parcourt son journal, là deux autres discutent alors qu’un autre passe de bras en bras pour les câlins du matin et que d’autres se trémoussent en musique… (bon ok ça dépend parce qu’en moment je mets FIP pour assurer un climat plutôt serein et que du coup c’est pas tous les jours groovy…) Bref…

Annette, juste à côté de moi autour de la table feuillette le magazine d’un de ses camarades. C’est de la haute culture attention, j’ai nommé le magazine : Voici ! (hey non pour une fois, ni oops, ni closer !)…

Voyant une photo d’Omar Sy embrassant sa femme, Annette s’exclame :

- oh ils font l’amour !

moi : – non ils se font juste un bisou

elle, s’approchant pour regarder la photo de plus près : ah oui.

 

Voilà.. c’est tout, c’est peut -être nul mais elle m’a fait beaucoup rire.

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Une bulle…

Un ptit clin d’œil dominical à mon petit rayon de soleil, un peu dans sa bulle mais pas trop… et puis à tous les autres enfants qui sont dans leur bulle (peu importe le genre de bulle…) ;)

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Musique de Syrano : Dans ma bulle (allez creuser si vous ne connaissiez pas ;) )

 

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Holidays

Parfois, on se sent blasée. Parfois, on se demande si on ne ferait pas mieux de changer d’orientation… on se dit « à quoi bon vouloir continuer dans un secteur pas reconnu ? tout ça pour un petit salaire, avec les problématiques de travail d’équipe »… (que je tairai ici….) et puis, parfois… on a des éléments de réponse. Eux… ceux dont les gens ont parfois peur, ceux pour qui on travaille, ceux qu’on accompagne tous les jours dans leur quotidien, souvent même dans leur intimité. Eux. Même si les gens ne comprennent pas et me disent : J’ ADMIIIIIRE ce que tu fais. MOI j’pourrai JAMAIIIIIS….

Hier soir, alors que je suis particulièrement fatiguée en ce moment de ce métier et ses travers… ILS ont su. Ils ont su COMMENT me rappeler pourquoi je fais ce métier… POUR EUX.

Alors que je n’étais pas dans la salle commune car j’avais pris un moment pour faire un bilan de stage avec un étudiant, à 16h, les externes s’en allaient. J’entends frapper à la porte. {précision qui a son importance. la salle dans laquelle je me trouvais était située à l’étage, à l’opposé de la salle commune}.

Moi : Entrez !

Je vois S arriver, affichant un large sourire et qui me dit :

« J’voulais te dire au revoir parce que tu pars une semaine en vacances, tu vas me manquer ! »

Moi : oh c’est très gentil de ta part de venir me dire au revoir S, tu es adorable. Passe une bonne semaine !

Elle : Toi aussi, repose toi bien et profite bien de tes vacances !

Elle part. Le stagiaire me regarde, sourit et me dit que c’est génial. On reprend le bilan. 5 minutes plus tard, H, un autre externe frappe à la porte.

moi : Entrez !

H entre, me souriant et me disant :

J ‘voulais te dire au revoir et bonne vacances.

moi : Oh ! c’est adorable H

H me fait un bisou (généralement pas accepté mais pour cette fois, j’accepte, attendrie par son attention).

H : tu vas me manquer !

Moi : t’inquiète pas je pars juste une semaine et je reviendrai en pleine forme.

H part entièrement satisfait.

Je me tourne vers le stagiaire qui a les yeux qui pétillent.

Voilà pourquoi j’aime ce métier. ça ne s’explique pas, ça se vit. SEULE leur reconnaissance et considération compte. Voir briller les étoiles dans les yeux d’un étudiant ne connaissant rien de ce métier, voir qu’il est sensible à ce genre de partage, voir que ça lui donne envie de faire ce métier, voir le sourire des résidents, contents… voilà ce pour quoi j’ai fait ce métier et pour quoi j’aime ce métier.

Sur ce, je suis en vacances, et je vais tâcher d’en profiter !

Socialement vôtre,