Intouchables…

Posté le Jeudi 23 janvier 2014

Depuis un an et demi maintenant, un jeudi sur deux, je me rends avec un groupe de 4 adultes dans un café associatif très sympa du 14ème arrondissement…. allez, comme je les aime bien, j’vais leur faire de la pub c’est un café qui s’appelle le moulin à café  .

Bref, on y va un jeudi matin sur deux, et les adultes aident le cuisinier à éplucher et couper les légumes et les fruits… ça les valorisent et leur permet de travailler la concentration et la motricité. Un jardin partagé avec un compost permet de les sensibiliser à la nature, la préservation de l’environnement, car à chaque fois, nous jetons les épluchures et autres déchets végétaux dans ce fameux compost (même si « bahhhh y’a plein de mouches ! »).

Depuis décembre, il y a un groupe qui est présent le matin pour y faire du QI CONG. Soit. C’est un café associatif, donc le principe est d’accepter le fait qu’il puisse aussi y avoir d’autres personnes qui travaillent ou font des activités différentes des nôtres. Aussi, sachant que le groupe serait présent ce matin lorsque nous arriverions, j’ai préparé mes 4 mousquetaires en leur demandant de modérer leur enthousiasme d’arrivée. « surtout on rentre sans faire de bruit, on va directement à côté des cuisines et on dit bonjour à l’équipe tout doucement pour ne pas déranger le groupe ».

Fière. Oui, j’ai été fière d’eux en les voyant entrer silencieusement et saluer l’équipe de cuisine dans le plus grand respect des personnes faisant ces mouvements bizarres.

Là, on fait la connaissance du nouveau chef : Gilles…. qui nous dit que contrairement à d’habitude, il n’y avait pas de légumes à éplucher ou à couper mais qu’il nous proposait de l’aider à presser des oranges et éplucher des clémentines pour la préparation d’une salade de fruits.Après lui avoir expliqué que je ne savais pas ce que donnerait leur travail aujourd’hui, puisque c’était une première, je commence à donner les consignes au groupe.

- vous allez vous laver les mains dans le calme pour ne pas déranger les gens et on va essayer de faire du jus d’orange.

- qui sait couper une orange en deux ? Dans quel sens vous la coupez ? Comment on peut aider C à repérer le sens de l’orange  avant de la couper ? Pourquoi il faut la couper comme ça ?

- Tu n’y arrives pas ? tu n’as pas assez de force ? ce n’est pas grave, tu coupes et ton voisin la presse. C’est un travail d’équipe et vous êtes tous très bons !

D’un seul coup, une dame vieille acariâtre arrive et nous dit :

- excusez nous, vous pouvez parler moins fort parce que nous, on n’entend pas notre prof.

je la fusille du regard en lui disant :

- excusez-nous, mais je dois leur expliquer comment faire et je ne peux pas leur parler moins fort.

- oui mais on n’entend pas

Me tournant vers le groupe :

- allez, on continue dans le calme.

Le jeune homme qui aide le chef, nous connait depuis quelques mois maintenant. Il vient me voir et me demande ce qu’il s’est passé. Je me confonds en excuses en lui expliquant mais en ajoutant : je ne peux pas ne pas leur dire de parler, je dois aussi leur expliquer comment faire et…

et là il me coupe et me dit de continuer comme si de rien n’était et interrompt le cours de QI Cong.

- Excusez moi de vous déranger. Je dois vous repréciser qu’ici, c’est un café associatif où se côtoient de nombreuses activités. Pendant que vous faites votre activité, il y a ce groupe qui travaille et aide à la cuisine. Ce sont des personnes en difficultés et on ne peut pas leur demander de ne pas parler. Alors merci de faire en sorte que chacun trouve sa place. MERCI.

Et il retourne à la cuisine en me faisant un clin d’œil et me disant : faut pas s’en faire ce sont des vieilles personnes aigries par la vie. Vous n’avez rien à vous reprocher, continuez comme d’habitude. J’ai trouvé ce mec GÉNIAL.

Bizarrement, quand les gens ont fini leur cour, quelques personnes, dont la prof, sont venues nous saluer et dire qu’elles étaient désolées et ne cautionnaient pas l’intervention de la vieille. Du coup, un monsieur a prit le temps de demander au groupe d’où ils venaient, à quelle fréquence ils venaient etc etc… me glissant un « c’est super ce que vous faites »… moi j’en ai rajouté en disant :

- ben je ne fais que les accompagner dans la vie parce qu’ils sont là, ils ont des capacités qu’ils peuvent mettre au service des autres… et qu’Intouchables, c’est pas qu’au cinéma ou à la télé !

On a déjeuné et passé un bout d’après midi comme notre habitude, dans la bonne humeur, avec un résident partagé entre « courrier international » et « closer »… (bah oui.. les attributs de Rihana vantés sur Closer sont quelque peu plus attractifs que les voitures éventrées par une explosion à Damas mais bon… il regardait les deux !). Ils ont mis leur table, débarrassé, félicité le chef cuisinier, salué les gens qui allaient et venaient dans le café… et j’étais fière d’eux.

Quelque part, je les ai même trouvé plus adaptés à l’environnement que certains clients impolis, fermés, imbus de leur personne. Ils étaient sociables tout simplement… dans une société qui définitivement l’est de moins en moins ! A se demander d’eux ou de ses clients, qui sont les personnes handicapées ?

 http://www.dailymotion.com/video/xnhfbb

Socialement vôtre,

 

jadmirecequetufais @ 19 h 10 min
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Voyage en trisomie

Posté le Samedi 18 janvier 2014

Je bosse dans un foyer de vie. Les adultes qui y sont accueillis sont tous atteints de déficience intellectuelle, mais n’ont pas tous la même pathologie. Certains d’entre eux sont atteints de trisomie 21.

Avant toute chose, je tiens à me dédouaner : non je ne veux pas généraliser les caractéristiques des personnes atteints par cette pathologie. Pour autant soyons clairs, il existe des constantes, des traits communs.

J’aime souvent travailler avec les trisomiques. Ces derniers peuvent être particulièrement exaspérants, soyons honnêtes (comme ce fameux week end où mon degré de patience a été sérieusement entravé). Malgré tout, ils me font régulièrement sourire, voire franchement rigoler.

Cette semaine, alors que j’étais avec un petit groupe dans la bibliothèque du foyer, j’ai été le témoin d’une « scène de ménage » entre deux résidents atteints de trisomie.

T. est un homme d’une cinquantaine d’années. T. nous interpelle fréquemment nous disant qu’il souhaite se marier pour pouvoir mettre une belle robe, et qu’il attend, par ailleurs un bébé dans son ventre. Pourtant, T. ne s’oppose pas aux avances d’une de ses acolytes, elle aussi atteinte de trisomie. H. nous dit que T. est son « namoureux » et le couvre de bisous. T. jamais ne conteste et accepte toujours ses bisous.

T. et H. étaient donc en bibliothèque. T, très bavard, feuilletait des magazines. H, râlait après lui, le collant pour obtenir (du moins je pense) un semblant de câlin. T, continuait de lui parler, de raconter sa vie… le truc c’est qu’on comprend pas toujours ce qu’ils disent, donc en gros ça donnait ça :

T : hé ben doudoudoudoudoudoudou et dou dou dou !

H : hé oui hein…. hé gnéoui. hé oui, gnéoui, gné, gnéoui….hein

T : nan !

H : Si !

T : non non et doudoudou

H : héoui ! hein ! voilà !

Certes, à l’écrit, non seulement on ne comprend pas le sens mais en plus on n’entend pas l’intonation (et donc, on comprend encore moins). Bref, je les observais du coin de l’œil mais en gros ils étaient en grande discussion et n’étaient pas particulièrement d’accord. Du coup, à un moment j’ai dit à T que s’il voulait que H la laisse tranquille il n’avait qu’à lui dire. En s’arrêtant de feuilleter son magazine, T se retourne vers H et lui dit d’un ton ferme :

T: oui ! TRAN QUILLE !

et ils reprennent de plus belle.

Quand soudain, H se lâche, et on entend comme une déflagration dans la bibliothèque. Les autres se marrent ou râlent mais pour T. c’en est trop :

T : ooooh !!!! SALE !

T. se lève et change de canapé. Le divorce est prononcé.

H : hé voilà !

jadmirecequetufais @ 18 h 11 min
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Goooooooood morning Nanterre !

Posté le Vendredi 17 janvier 2014

Hier, c’était la première séance de la nouvelle activité que je propose à un petit groupe : radio.

ça se passe à l’Agora, un chouette lieu avec lequel j’ai monté un partenariat (qui commence à prendre forme après un an et demi…). Animé par Catherine, une journaliste, 4 résidents vont découvrir l’univers d’une web radio et préparer l’enregistrement de LEUR émission (avec création de jungle etc !). J’ai adoré les voir faire des essais dans les micros, adoré voir les étoiles dans leurs yeux, adoré voir l’enthousiasme de Catherine et Amandine (notre animatrice référente depuis un an et demi)…. dès les essais, on a connu les petits soucis techniques (ça enregistre mais le son ne sort pas… )… mais c’est pas grave, c’était une chouette première séance.

Quand l’émission sera enregistrée, on pourra TOUS (vous compris) l’entendre ici : http://radioagora-nanterre.fr/channel/1_Radio_Agora

et en attendant, ce lien vous permettra de découvrir cette web radio, et de pouvoir écouter plein d’émissions intéressantes !

Socialement vôtre,

jadmirecequetufais @ 7 h 09 min
Enregistré dans minute sociale
Les bonnes résolutions…

Posté le Mercredi 15 janvier 2014

2014 te voilà… désolée d’avoir disparu depuis quelques semaines…. bouclage du livret 2 de VAE, fêtes de fin d’années en famille,… je crois que le mot d’ordre a été « déconnexion »… Voilà… 2014 te voilà…. avec ta flopée de bonnes résolutions, de « bonne année ! » de « meilleurs vœux »… de sourires en pagailles…. qu’est ce qui change ? ……. RIEN !

2014 te voilà. Les jours s’enchainent, les dysfonctionnements continuent à dysfonctionner, les absentéistes continuent à briller par leur(s) absences, les projets continuent à se lancer, puis avorter, les déceptions continuent à se capitaliser…. les résidents eux changent peut-être un peu pour certains.

Et moi ?  moi, ben je ne crois pas avoir la mémoire courte… quelles sont tes bonnes résolutions ?  Me contenter de dire « celle de ne pas en prendre ? »…. non… on va essayer de faire mieux….Ne plus m’investir (autant). Ne plus espérer (autant). Ne plus se fier aux autres (autant). Viser plus loin, ne pas s’attarder…. se centrer sur eux, sur les résidents qui en valent sacrément la peine, ceux grâce à qui je n’ai pas encore rangé mon diplôme et qui me font encore croire au bien fondé de mon action. Etre hypocrite le temps d’un oral où je dois faire les louanges du travail d’équipe… Ne pas hésiter à dire aux gens de changer de boulot. Ambitieuses mes bonnes résolutions…

Bien sûr, quelques éléments me font m’accrocher à une vision du verre à moitié plein… mais …. d’illusions, je n’en ai plus ici. Alors je m’accroche pour supporter (sachant qu’ailleurs ne sera pas nécessairement mieux). Je m’accroche à des mots, des sourires, des instants.

« oh tes cheveux ils tombent, comme les feuilles à l’automne ».

2014 te voilà. Bonne année à vous !

jadmirecequetufais @ 18 h 25 min
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Give a peace of chance….

Posté le Mardi 10 décembre 2013

Hier, dans la voiture en allant dans un service municipal pour y faire notre activité, j’entends Hamid marmonner quelque chose d’incompréhensible…

moi : qu’est-ce que tu dis ?

Un autre résident reprend : il dit que Mandela est mort;

Moi : ah oui, c’est vrai. Vous savez qui c’était ce monsieur ?

Eux : non mais il passe à la télé.

Et me voilà partie à raconter succinctement (mais le peut-on vraiment ?) la vie de ce Grand Homme. Je tente de décrire ce qu’était l’Apartheid, la vie en Afrique du sud avant, les 27 ans de prison, et ce qu’il a fait après… ce qui, pour eux est chose toute à fait normal, les a fait crier au scandale… « quoi ??? les noirs n’avaient même pas le droit de parler aux blancs ? »

Je conclue notre discussion en disant : voilà, ce Monsieur s’est battu pour que tout le monde ait les mêmes droits, pour qu’il n’y ai plus de racisme.

Et eux de dire, « C’est vraiment nul qu’il soit mort ».

Jamais je ne pensais aborder l’Apartheid avec ce public… c’est aussi ça ce boulot… être toujours surpris par les personnes que l’on accompagne… Ne jamais les sous estimer….

Pour « Madiba », en ce jour de « fête » et d’hommage à lui, en son œuvre,

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jadmirecequetufais @ 7 h 14 min
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Petite leçon de communication non verbale

Posté le Mardi 3 décembre 2013

Parfois on me dit : mais comment tu fais pour les comprendre ? on comprend rien, ils font des bruits mais parlent pas vraiment….

Je vois pas où est le problème… y’a besoin de mots pour se comprendre ?  non je ne comprends pas… certes il y a la connaissance de l’autre mais quand même… le regard, la situation, les mimiques… y’a tant de choses qui nous renseignent…

Bon, je vous vois dubitatifs ou dubitatives pour certain(e)s… ok… je vous propose un petit TP… il ne vous suffit que de cliquer sur la vidéo suivante dans un premier temps…  :

Image de prévisualisation YouTube

ça va ? vous avez compris l’histoire ?

Pardon ??? ça vous a même fait rire ???? bah vous voyez que c’est pas si compliqué la communication non verbale….

la communication verbale, entre personnes soit disant « normales », peut s’avérer bien plus complexe…. (croyez moi !!!!)

Socialement vôtre,

jadmirecequetufais @ 18 h 40 min
Enregistré dans minute sociale
Pigeon… vole !!!

Posté le Jeudi 28 novembre 2013

Aujourd’hui, j’étais à Paris pour la journée avec quatre résidents. C’était notre journée hors institution… eux comme moi, on les savoure !

En arrivant, on gare la voiture et se dirige à pieds vers le café associatif avec lequel on travaille tous les quinze jours. D’un seul coup, j’entends le rire communicatif  de Jules (mon Garcimore d’un article d’octobre)….

Moi : Qu’est ce qui te fait rire ?

Lui : Les pigeons !

Moi : Ben quoi les pigeons ?

Lui : pauv’ voitures !

moineau

J’adore !

Socialement vôtre,

jadmirecequetufais @ 19 h 25 min
Enregistré dans Moments ordinaires
Back to reality

Posté le Mercredi 20 novembre 2013

 

Voilà, me revoici dans mon grand cirque. Finies les vacances, et ma province, les feux de cheminée, la famille… allez, Back to reality…je quitte ma douceur tourangelle pour revenir dans une ambiance de … merde… ou à vomir au choix…

Je vous vois venir, « rhooo comme tu y vas fort »… non non, ne vous méprisez pas chers lecteurs, ne vous imaginez pas que je parle au sens figuré… non non je reste dans le basique, le sens propre (enfin… propre… gloups) … car oui… je reviens au boulot en pleine épidémie de Gastro…

En institution, la gastro prend des allures de joyeux bordels, avouons le, et de parcours du combattant où il devient une réelle stratégie digne des plus grands jeux vidéos de quêtes pour survivre à l’épidémie (on n’a qu’une vie ici bas !!!).

Voici donc les 10 commandements à l’usage du travailleur social souhaitant restant en vie malgré son labeur quotidien et pendant une épidémie de Gastro :

1- avant d’aller travailler, chez toi, tu chieras (et tes mains tu laveras)

2 – en arrivant au boulot, tes mains tu laveras (encore)

3 – les résidents tu salueras, mais jamais leurs mains tu ne serreras

4 – après chaque déplacement (intra établissement), tes mains tu laveras

5 – les câlins des résidents tu banniras

6- les toilettes de l’établissement tu éviteras

7 – à table, boire tu éviteras, pour éviter les toilettes de l’établissement

8 – si vraiment tu dois aller aux toilettes, du gel hydroalcoolique tu feras ton meilleur ami

9 – si tu vois un résident fraichement nauséeux et se tenir le ventre, d’aller aux toilettes, tu l’inviteras

10 – à la fin de ta journée, heureuse et en vie, tu rentreras chez toi

 

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Enfin, pour finir, certains se réjouiront évidemment de cette période particulièrement faste pour faire preuve d’un humour de merde, alors prenez vos maux en patience !

Socialement vôtre,

 

 

jadmirecequetufais @ 19 h 24 min
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Minute sociale …..

Posté le Jeudi 14 novembre 2013

Même travaillant dans le handicap, il est toujours intéressant de se tenir informée des évolutions sociales et politiques de notre secteur… et de crier au scandale par la même occasion :

Hébergement d’urgence : l’Indre-et Loire oubliée ?

13/11/2013 05:38
Faute de crédits, le bus de nuit pourrait être supprimé cet hiver.

Faute de crédits, le bus de nuit pourrait être supprimé cet hiver.

En région Centre, la majeure partie des crédits exceptionnels destinés à l’accueil des sans-abri a été affectée au Loiret. En Touraine, on crie au scandale.

O n ne peut laisser passer ça sans rien dire. C’est invraisemblable : André Ledoux ne décolère pas. Comme la plupart des responsables d’associations impliquées dans l’hébergement d’urgence en Indre-et-Loire, le président de l’Entraide ouvrière (qui gère le dispositif d’accueil à travers le standard du 115) est scandalisé parce qu’il vient d’apprendre.
A la rentrée, la ministre du Logement, Cécile Duflot, a annoncé le financement d’une enveloppe exceptionnelle de 107 M€ pour faire face aux besoins des structures d’accueil confrontées à un public toujours plus important. 810.000 € ont été attribués à la région Centre.
En Indre-et-Loire, les associations caritatives espéraient obtenir une part substantielle de ces crédits. D’où leur désappointement lorsqu’elles ont appris que 703.000 € étaient destinés au Loiret contre (seulement) 77.00 € pour le département et 30.000 € pour L’Eure-et-Loir.
« Peu importe quels sont les critères de répartition. Ce qui est sûr, c’est que l’on peut être inquiet de la façon dont les décisions sont prises. Cela pose vraiment problème », s’insurge André Ledoux.

Plus de bus de nuit ?

La colère des acteurs tourangeaux de l’hébergement d’urgence est d’autant plus grande qu’ils avaient déjà tiré la sonnette d’alarme il y a un an en sollicitant l’intervention des parlementaires.
Au mois de septembre, le sénateur Jean-Jacques Filleul avait même interpellé la ministre du Logement sur ce sujet en dénonçant « une répartition particulièrement inéquitable des crédits aux niveaux national et régional ».
La ministre lui avait alors répondu en évoquant des hausses significatives des crédits alloués à l’Indre-et-Loire cette année. En un an, le nombre des places d’hébergement d’urgence est ainsi passé de 133 à 227 dans le département. De son côté, le directeur départemental de la population, Daniel Viard, évoque un total de 439 places, tous dispositifs confondus. « Nous avons doublé nos capacités d’accueil », souligne-t-il.
« Il y a eu une amélioration mais la situation reste très tendue », rétorque André Ledoux en rappelant que 70 personnes restent à la rue chaque nuit actuellement en Touraine, faute de place en foyer d’accueil. Théoriquement, les 77.000 € supplémentaires alloués par le ministère du Logement sont destinés à boucler l’exercice 2013.
Mais, visiblement, cette rallonge ne sera pas suffisante pour faire face à tous les besoins. A Tours, le bus de nuit qui apportait habituellement une soupe chaude aux sans-abri pourrait être ainsi supprimé cet hiver.

Pascal Denis
vive le sens de l’équité défendu par notre gouvernement…
jadmirecequetufais @ 10 h 15 min
Enregistré dans minute sociale
Faire échouer un projet en 22 leçons

Posté le Mardi 12 novembre 2013

Bonjour,

Etant en vacances, je n’ai rien à vous raconter de mon quotidien professionnel… car oui je débranche et ça fait du bien. Enfin… je débranche, partiellement car je profite de cette semaine pour avancer (ou tenter de le faire) dans ma VAE….

J’ai trouvé sur internet ce petit cours qui m’a semblé très pertinent, à mettre à exécution (ou pas) dans certaines de nos institutions.

Leçon 1
Ne prenez en compte ni l’environnement social, ni les réalités économiques et politiques ; tout cela est mesquin et manque d’idéal…

Leçon 2
Positionnez votre projet en contradiction avec les objectifs généraux de votre association ou de l’employeur en général, vous pourrez dire ensuite qu’avec “eux” rien n’est possible.

Leçon 3

Assurez-vous que le projet prend en compte les besoins du public tels que vous les avez définis vous-même dans votre bureau…

Leçon 4

Faites tout tout seul, même si vous n’êtes pas omniscient, vous savez bien qu’il faut toujours repasser derrière les autres pour que cela soit fait comme vous le voulez, alors gagnez du temps !!!

Leçon 5

Ne donnez aucune information à vos collaborateurs leur permettant de s’impliquer dans l’action, on ne sait jamais ils pourraient en profiter

Leçon 6
Ne suivez pas toutes les phases de la démarche, c’est très rigide; votre créativité serait bridée par cette rigueur insupportable.

Leçon 7

Vérifiez que le projet n’a pas été compris par les partenaires, ils pourraient le réaliser avant vous, ce qui serait bon pour les bénéficiaires mais catastrophique pour vous !!! (Mobilisez les partenaires, juste au moment où ils vont vous êtes utiles, c’est plus prudent)

Leçon 8
Prenez le temps de dérouler ce qui vous plaît le plus dans le projet et ne vous encombrez pas avec ces échéanciers carcans que l’on ne tient jamais…

Leçon 9

Multipliez les réunions et faites les durer très tard, sans les animer.

Leçon 10

Ne vous préoccupez pas de ce qui s’est fait de semblable ailleurs c’est une perte de temps et puis vous pourrez toujours réinventer le monde à votre tour.

Leçon 11

Fiez-vous toujours à votre instinct, n’écoutez jamais les autres.

Leçon 12

N’utilisez ni techniques ni outils, vous travaillez avec de l’Humain, vous, et ce travail noble “au feeling” s’accommode mal avec la froideur technique des grilles, des plans et autres tableaux.

Leçon 13
Ne lisez rien, n’écrivez rien ou si vous écrivez jetez systématiquement tout au fur et à mesure, l’écrit suivant sera le bon, le vrai !!!

Leçon 14

Si vous affectionnez les idées, ratiocinez, discutez à l’infini et enfin critiquez systématiquement ceux qui agissent, ceux qui communiquent et font de la relation, ceux qui organisent méthodiquement.

Leçon 15

Si vous aimez l’action, foncez, trouvez les solutions sans connaître le problème, et surtout critiquez systématiquement ceux qui réfléchissent, créent ou élaborent, ceux qui communiquent et font de la relation, ceux qui organisent méthodiquement.

Leçon 16

Si votre passion est l’ordre et la rigueur, planifiez, cadrez, gérez si possible loin de tout depuis votre bureau inaccessible, et surtout critiquez systématiquement ceux qui réfléchissent, créent ou élaborent, ceux qui communiquent et font de la relation, ceux qui agissent et font bouger l’environnement.

Leçon 17

Si vous placez les facteurs humains au-dessus de tout, communiquez communiquez, tutoyez tout le monde c’est plus fraternel, cultivez l’affectif et l’émotionnel, et surtout critiquez systématiquement ceux qui réfléchissent, créent ou élaborent, ceux qui organisent méthodiquement, ceux qui agissent et font bouger l’environnement.

Leçon 18

Coté “fric” ne budgétez pas le projet, “les finances on verra plus tard”

Leçon 19

Restez fermement sur votre idée de départ en refusant toute évolution

Leçon 20
Prenez les décisions seul sans faire passer l’information; cela va plus vite !!!

Leçon 21

Inutile d’évaluer les résultats par ce que ça ne peut être qu’une idée géniale et puis “ça a marché”  “vous êtes content (e)” et c’est bien suffisant.

Leçon 22

Et surtout recommencez au prochain projet, vous aurez ainsi la possibilité de dire que “les projets collectifs, ça ne marche pas” tout en ayant le sentiment du devoir accompli : vous aurez tout fait pour cela sans même le savoir.

Socialement vôtre,

jadmirecequetufais @ 17 h 17 min
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